Wildlife, la famille en équilibre

1070330.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxSans jamais produire d’images kitsch des Etats-Unis au cours des années 1960, Paul Dano joue subtilement de ce cadre pour servir le propos de son film. C’est avec habileté que sont parsemés morceaux rétro et robes parapluie, comme les indicateurs d’un rêve américain auquel tout le monde n’a pas accès…

Ainsi, dans Wildlife on entre dans l’intimité de la famille Brinson, tiraillée entre le désir de correspondre au modèle préconçu de la famille Américaine, et les aspirations personnelles qu’il faut sacrifier pour cela… La thématique des feux de forêt qui se propagent vient alors corroborer un équilibre familial qui se brise.

En explorant de l’intérieur l’idée de famille, Paul Dano joue d’un va-et-vient entre sphère publique et sphère privée. On assiste alors à différents points de rupture, à travers le regard de Joe (le fils), en situation d’observateur impuissant.

De plus, chaque personnage incarne à sa manière le désir de se réinventer, perpétuellement. D’abord, Jerry, le père, qui dans sa quête du travail idéal, amène sa famille à déménager au gré des opportunités.

Si Jeannette, sa femme, ne supporte plus cette instabilité, elle semble alors se glisser dans divers costumes, donner à voir différentes facettes… Parce qu’après tout, aux Etats-Unis, on peut être qui on veut (?) Une très belle scène illustre ce propos : la mère, face à son fils, dans un diner, devient une inconnue. Elle demande : que penses-tu de ton nom ? Et lui, la questionne : quel âge as-tu ?

On oublie parfois, d’ailleurs que le fils a quatorze ans, car dans ce trio familial les rôles s’échangent, un équilibre se perd, d’autres s’improvisent…

Pour son premier film, Paul Dano, semble finalement poser la question suivante : comment se réinventer, face à la désillusion du rêve américain ?

Si le film se distingue par sa maîtrise technique, l’impuissance du fils, voire sa passivité,  face à l’éloignement de ses parents laisse par moment le spectateur à distance ; jusqu’à ce que cela se renverse, lors de la dernière scène.

Zoé Jean-Toussaint

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