Pêle-mêle : Capharnaüm, En Liberté et Les Utopiales…

Films sociaux : L’exemple de Capharnaüm

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           Film social parmi désormais tant d’autres, Capharnaüm essaye de se tirer hors du panier avec un élément choc : un enfant qui porte plainte contre ses parents pour l’avoir mis au monde. Le film est prenant, le scénario bien ficelé, le jeu d’acteur intéressant, et le propos de fond militant et nécessaire. Malheureusement, la narration est classique, et la réalisation peu originale. On sent qu’il s’agit pour les créateurs de raconter l’histoire à un grand public d’abord, avant d’en faire une « œuvre » cinématographique. À force de vouloir toucher le spectateur à tout prix, le film tombe dans les écueils du sentimental et de l’affect pur régulièrement.

           Après le visionnage de quelques films sociaux, il me vient quelques pensées générales à partager sur cette catégorie. De mon point de vu, elle manque cruellement d’un renouveau sur la forme et notamment sur la narration : ce qui est inacceptable dans le réel en vient à devenir banal, normal au cinéma, à force de schémas classiques et traditionnels alors que la raison d’être de ces films est justement la visée inverse. Par ailleurs, la répétition de cette forme et l’abus incessant du pathos construisent sur le spectateur que je suis une armure face à l’horreur. Ces films ne me touchent plus. 120 Battements par minutes relevait un peu le niveau rendant compte par sa réalisation de sa pugnacité, de sa combativité, jusqu’à essayer de la faire naître neuve dans le spectateur (et non re-sentir). Paradoxalement, les (bons) films de SF restent aujourd’hui de bien meilleurs films sociaux puisqu’en déployant l’avenir, ils sont une pédagogie du Présent (et du Cinéma). Quand à celui-ci, le chemin semble encore long pour réinventer le genre avec le social.

 

Comédie Française : En Liberté

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           A quelques exceptions, on passe généralement de bons moment devant une comédie, on rit, on s’attriste au quart de tour. En Liberté est le genre de film bien fait, posé, construit en détournant un peu les horizons d’attentes du spectateur pour le surprendre. Mais honnêtement, c’est tout, et c’est dommage. Plutôt que d’aller au bout d’un discours subversif, les concepts et idées sont aplanies, désinfectées pour correspondre à un large public. A l’inverse, des phases de « To Much », d’effet spéciaux à outrance, sont ratés aussi car vides de sens. C’est une déconnade… Une blague. Le titre même entache le mot Liberté, en faisant appel à un imaginaire, mais en le sabordant ensuite. En apparence une comédie qui se veut meilleure, intelligente, profonde, mais creuse à l’intérieur. En Liberté répète par ailleurs clichés et stéréotypes à tour de bras, sans jamais les dépasser suffisamment. Le cliché n’est démonté que pour atterrir sur un autre plus subtile et plus pervers encore.

           Le genre au cinéma (et dans l’art) gagnerait peut-être à n’être qu’un prisme, qu’une manière d’atteindre quelque chose, et non se cantonner à lui-même. Face aux comédies, même si j’ai ris, je ressors des salles sur ma faim au mieux quand je n’ai pas la sensation qu’on a essayé de me laver le cerveaux, ou pire de m’abrutir. Sous prétexte de faire de l’accessible, du populaire, on fait du consensuel, et on élide toute création, tout renouveau cinématographique. Alors que même si le chemin est plus dur, plus long, ça n’est pas incompatible.

Prochaine sortie à ne pas rater !

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Puisque la Science-Fiction me semblait être une solution à explorer pour combler ces quelques trous du cinéma, je vous invite à attendre la sortie en salle de Assassination Nation (Sam Levinson) prévue pour fin 2018, qui a remporté en ce mois de Novembre le Grand Prix du Jury Utopiales 2018. Indépendant hors norme, barré et déroutant, sur un genre populaire et conceptuel.

 

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First Man, un homme avant tout

            Le film raconte l’histoire de Neil Armstrong sur la période 1961-1969. Damien Chazelle nous emmène avec les astronautes à la conquête de l’espace. Avec un nouveau style de réalisation à adopter pour ce jeune réalisateur puisqu’après Whiplash et La la land (deux fictions tournant autour de la musique), Chazelle s’attaque à une adaptation d’évènements réellement arrivés et de la biographie de Neil A. Armstrong par James R. Hansen. Une direction artistique qu’il réussit à la perfection. On retrouve au casting Ryan Gosling pour sa deuxième collaboration avec Damien Chazelle. Celui-ci n’est évidemment plus à présenter. Dans ce film il arrive à nous faire pleurer comme à nous faire rire. Cependant il se fait presque voler la vedette par Claire Foy dans le rôle de Janet Armstrong (la femme de Neil Armstrong) qui à chaque apparition crève l’écran par un jeu d’acteur subtil mais extrêmement efficace. Le film est long (2h20mins) et nous savons tous qu’un long film n’est pas toujours facile à suivre mais la dynamique du film nous empêche de nous ennuyer. De plus la longueur participe à nous faire ressentir l’ampleur de la mission en nous montrant chacune des étapes et de leurs conséquences parfois dramatiques. Je tiens aussi à saluer la qualité des bruitages qui nous fait prendre conscience qu’à cette époque il faut aller vite pour devancer le bloc soviétique qui a déjà gagné toutes les batailles de la course à l’espace et que les technologies spatiales ne sont encore que des balbutiements. First Man arrive à nous montrer toutes les différentes facettes de la conquête spatiale, que ce soit par les hommes politiques, les astronautes et la population et le tout en ne prenant pas parti. Il montre par ailleurs que Neil Armstrong, avant d’être le premier homme à marcher sur la lune, est un père de famille, un mari, un ami, un collègue qui a perdu beaucoup pour finalement entrer dans l’Histoire.

 

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Pour finir, je dirais que ce n’est pas le meilleur film de Damien Chazelle. Il a cependant prouvé qu’il était capable de faire autre chose mais qu’en plus il pouvait bien le faire ! J’ai déjà hâte de voir ce que Damien Chazelle nous réserve dans le futur alors que ce n’est que son troisième film.

Bref, si vous aimez l’espace, Ryan Gosling et que vous avez envie d’aller faire un tour sur la lune, foncez-y !

 

 Josselin

 

Girl « parle avec une justesse choquante de la souffrance du corps »

           Sur la pointe des pieds, avec une tendresse certaine, nous posons, dès l’entrée dans le film, le regard sur l’adolescence de Lara. C’est un réalisateur presque amoureux de son sujet qui expose et fait ressentir dès les premiers instants ses troubles les plus intimes. Drame humain mais pas mélodrame, Girl évite nombre d’écueils pour parler avec une justesse choquante de la souffrance du corps. Lucas Dhont invite le spectateur, à défaut de comprendre, à partager un peu de ce combat intérieur de Lara avec son propre corps.

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Poursuivant son rêve de toujours de devenir danseuse étoile, Lara tente de plier ce corps, de l’astreindre à une discipline qu’il refuse parfois. Déchirée entre son sexe de naissance et son identité, entre intime et société, Lara suit sa route, prise de doutes, de déterminations et parfois, d’erreurs. Les plans répétés, et plus généralement la technique, tiennent en tension le spectateur, lui transmettent un peu de ce mal-être sans toutefois tomber dans le sentimental. Lorsque le cadrage frissonnant, concentré sur un corps aérien, chute, nous tombons avec Lara, à la prise avec gouffre juste à la pointe de ses pieds.

Il serait facile de reprocher au film un certain utopisme, sa naïveté. De part un entourage proche au soutient indéfectible, idéalisé dans ce combat. Ou encore du peu de conséquences d’une société habituellement hostiles aux trans. Mais si nous regardons au-delà, le réalisateur débarrassé de la question sociale, se fait visionnaire. Il présente ce qu’il reste ensuite, universel d’humanité, cette conflictualité jamais manichéenne avec le corps, à la fois possédé et étranger.

 

                                                  Johan 

Les frères Sisters dégainent sans sourciller (Les différences entre livre/film)

Du titre jusqu’à la mise en scène, l’antagonisme fonctionne à travers l’oeuvre du nouveau film de Jacques Audiard.

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Neuf années après l’enfermement carcéral de Un prophète, Grand Prix du Festival de Cannes, Audiard défonce les murs asphyxiants pour conquérir les paysages étendus du western. L’aventure débute au milieu du XIXe siècle en Oregon où les frères Sisters s’acquittent de leur tâche de tueurs à gages à la perfection. Ils dégainent sans sourciller et sans manquer leurs cibles. Est-ce un don de Dieu ? Indirectement. Ces gueules cassées qui ne cessent de se chamailler comme deux enfants, se dissocient des cow-boys dopés à la fontaine de jouvence qu’aucune balle ne pourra atteindre. Eli (John C.Reilly) et Charlie (Joaquim Phoenix) Sisters sont écorchés par leur généalogie et rattrapés par leur passé. Ils portent le poids de leur parenté barbare sur leurs épaules, ce qui ne cesse étrangement de les rendre plus humains et perfectibles.

Comme un fil sur lequel le spectateur ne cesse de tirer durant cette quête qui mène la fratrie jusqu’à la Californie, les interrogations surgissent et les pistes mènent à certains éclaircissements. Comment se fait-il que Charlie, le cadet tumultueux se voit octroyé le rôle du chef, relayant Eli, quasi romanesque, à l’état du petit frangin qui bafouille et se réfugie auprès des femmes à la recherche, non pas de sexe mais de tendresse ? Charlie revêt le costume du frère tandis qu’Eli, efféminé arborerait-il la robe déchiquetée de l’assassin sentimental que suggère le patronyme Sisters? L’antagonisme se poursuit dans la narration du récit qui se divise entre les frères Sisters dont la réflexion et les actes évoluent grâce à l’autre tandem composé de Morris (Jake Gyllenhaal), un détective lettré qui suit à la trace pour le compte du Commodore, Warm (Riz Ahmed), un chercheur d’or. La mission de Morris est la suivante : suivre à la trace Warm en attendant l’arrivée des frères Sisters pour l’éliminer. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Se forme alors un nouveau quatuor haut en couleur qui dirige le film vers de nouveaux horizons comme ces questionnements essentiels sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie. À travers ses personnages, Audiard soulève l’absurdité de la ruée vers l’or pour le simple appât du gain tandis qu’émerge la soif d’un idéal : une société pacifiée où régnerait la fraternité entre les hommes. La paix sociale a encore du chemin à faire puisque la violence, au cœur des nombreux rebondissements du film est le mur porteur du long-métrage. Avec un western américain, filmé en Espagne, Audiard prend le contre-pied du genre avec une narration ingénieuse et des personnages sensibles et profonds.

 

Jacques Audiard qui s’entoure d’un casting 4 étoiles aborde la question de l’adaptation cinématographique dans ses interviews. En effet, Les frères Sisters est tiré d’un roman de Patrice Dewitt. Le film gagne-t-il en qualité à la modification des événements ?

 

Quelles grandes différences avec le livre ?
Mayfield
Film : Mayfield est une femme transgenre
Livre : Mayfield est un homme

Film : Mayfield est assassiné par les frères Sisters
Livre : Mayfield est battue et défiguré par les frères

Le final 
Film : Après avoir récupéré l’or dans la rivière, les frères Sisters se dirigent vers l’Oregon pour assassiner le Commodore et s’assurer de leur liberté. Pourtant, durant leur odyssée, les frères ne sont plus poursuivis par les mercenaires du Commodore. Une fois les frères Sisters arrivés en Oregon, le Commodore est étendu dans son cercueil, mort à jamais. Eli ne vengera pas son frère et ne deviendra pas l’aîné supposé de la fratrie.

Livre : Après avoir récupéré l’or dans la rivière, des Indiens attaquent et dépouillent les frères Sisters de tout leur or. Le moral est toujours au beau fixe, car l’argent volé chez Mayfield les attend patiemment sous le saloon de ce dernier. En arrivant à la demeure de Mayfield, ce dernier a deviné l’idée de la cachette des frères Sisters et il a décidé de brûler sa demeure. L’argent est parti en cendre. Les frères Sisters ne possèdent plus rien. Seul le souhait d’assassiner le Commodore continuera de les faire avancer. Ils se dirigent vers l’Oregon et c’est Eli qui se charge de retirer la vie au Commodore. La scène d’assassinat est trépidante. Le Commodore chante dans son bain, quand Eli passe le pas de la porte après avoir hésité à le tuer. Il s’avère que le Commodore a déposé un gant de toilette sur ses yeux. Eli s’avance silencieusement avant de l’étrangler de ses deux mains dans la baignoire. Une fois certain que le Commodore a rendu l’âme, Eli fait demi-tour et peut rentrer à la maison en compagnie de son frère.

Ghostland : La plangonophilie pour les nuls

Depuis quelques années, Pascal Laugier s’amuse à chambouler le paysage cinématographique français, notamment avec Martyrs sorti en 2008 qui s’était accompagnée d’une polémique liée aux scènes très graphiques parcourant le film.
10 ans plus tard, Laugier nous propose son nouveau film coproduit avec le Canada :
Ghosland.

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Ghosland (Incident in a Ghost Land en VO) nous raconte l’histoire d’une famille déménageant dans une nouvelle maison, héritée d’une tante récemment décédée, et dont la localisation ne ravie pas toute la famille. Cette famille est constituée de 2 jeunes filles, nommées Vera et Beth, et de leur mère, jouée par Mylène Farmer (oui).
Cette petite famille va donc prendre possession de leur nouvelle maison, remplie de vieux bibelot du sol au plafond, jusqu’à l’attaque de plusieurs individus.

Dans une ambiance crasse et malsaine, ce film de « home invasion » (sous genre du film d’horreur) nous délivre une réalisation éprouvante pour le spectateur, nous faisant ainsi ressentir toute la détresse des personnages. Mais c’est surtout dans sa narration que le film surprend, alternant entre diverses temporalités et jouant à tromper le spectateur.

Le film est également un hommage à Lovecraft, dont les mérites sont vantés par une citation de Beth au début du film. Ne connaissant le bonhomme que de réputation, je ne pourrais pas vous dire si vous retrouverez un ambiance proche de ce que dégagent les romans de Lovecraft. Néanmoins, la volonté de rendre hommage à l’auteur donne lieu à des métaphores sur les possibilités infinis des mondes de l’imagination, que ce soit pour s’évader ou pour se protéger.

Bref, Pascal Laugier nous livre ici un bon film d’horreur se réappropriant les codes du genre et qui met à l’épreuve ses personnages et ses spectateurs.
Bonne séance !

– Arthur –

Revenge, rencontre entre Kill Bill et Lara Croft

Trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et bons pères de famille se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyons. Un moyen pour eux d’évacuer leur stress et d’affirmer leur virilité armes à la main. Mais cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres… Les choses dérapent… Dans l’enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte reprend vie… Et la partie de chasse se transforme en une impitoyable chasse à l’homme…

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Pour son premier long-métrage, la réalisatrice, Coralie Fargeat, nous sert un film pop et à la violence poussé à son paroxysme. En inscrivant son histoire dans le genre du « revenge movie », la réalisatrice peut s’échapper de la réalité et s’autoriser beaucoup plus de choses.
Revenge est un film cathartique, à la violence belle et gore, à l’esthétique marquée et à la musique hypnotisante. Sorte de rencontre entre Kill Bill et Lara Croft, l’héroïne de cette histoire subit toute les atrocités possibles et imaginables pour renaitre des cendres telle un phœnix. On prend plaisir à voir Jen prendre en chasse ces trois hommes, personnifications du machisme. Son évolution dans l’histoire est claire, passant de « Lolita » qui ne sort pas du chemin qu’on lui a tracé à femme consciente de son corps, sa force et son énergie.
Se revendiquant 100% féministe, Revenge l’est belle et bien. Avec cette héroïne qui se fait violer et prend sa revanche, c’est la parole de toutes les femmes, particulièrement depuis l’affaire Weinsten, qui se révoltent. Le scénario était écrit depuis 2015 mais resonne encore plus fort en cette année.
Se plaçant dans le cinéma de genre français, bien trop rare sur nos écrans, Coralie Fargeat frappe fort avec ce film subversif, enragé et plaidoyer pour la cause de toutes les femmes victimes du sexisme. Conscient de son scénario linéaire et basique, Revenge puise toute sa force dans son héroine, véritable rebelle face à la place que la société lui impose en tant que femme.

Avec ce premier film, Coralie Fargeat marque de sa patte le cinéma de genre français, proposant un divertissement à l’histoire simple mais percutante et aux métaphores puissantes et terriblement actuelles. Un coup de pied dans la fourmilière, cherchant et réussissant à faire bouger les mentalités.

– Aymeric –

SPOILER ALERT – Ready Player One : C’est la faute à la manette

« Chewbacca Harry Potter Kill Bill Scorcese »
« Megaman Zelda Metalgear ? »
« Terminator Star Trek ! »
* rire * « Terminator Star Trek ? Final Fantasy Yoshi Gameboy »

C’est un peu à ce genre de dialogue, extrait de l’épisode de Crossed sur le film Gamer, auquel je m’attendais en voyant ce film. Eh bien mes craintes ont rapidement été balayées.

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Donc Ready Player One est une nouvelle superproduction nous venant du pays de l’oncle Sam et réalisé par un jeune cinéaste du nom de Steven Spielberg. Le film à débarqué chez nous ce mercredi 28 mars pour le plaisir des petits et grands.

Pour revenir rapidement sur l’histoire, on nous raconte (littéralement, en voix off par le personnage principal) que le monde va mal, que tout est tout gris et que pour se distraire les gens vont dans l’OASIS, monde virtuelle où « la seule limite, c’est notre imagination ». Ce monde virtuel est l’oeuvre d’un développeur de jeux vidéos dont ce dernier à dissimulé 3 clés permettant de devenir le nouveau propriétaire de cet univers.

Comme j’ai fortement envie de parler concrètement du film je vous donne mon avis global : Ready Player One est un film réussi que je vous recommande, mais il n’est pas la révolution attendue.

Entrée de zone de divulgachage

Dans ce film nous sommes donc bombardées de références à la pop culture de tout les côté, mais à aucun moment ce n’est trop appuyé et un manque vis à vis de ces références ne dérange jamais la compréhension (par exemple je n’ai toujours pas compris la référence du costume mais elle est utilisée pour appuyer un connexion entre 2 personnages et non pour la référence uniquement). D’autres (le défi n°2 pour ne pas le citer) sont même utilisées de manière très intelligente et font,ou en tout cas me font, extrêmement plaisir.

Pour ce qui est de la réalisation, Spielberg est toujours en pleine forme. Parce que comme ça faisait au moins 3 mois qu’il n’avait pas sorti de bon film on était en droit d’en douter. Les effets spéciaux sont vraiment impressionnants et même assez ludiques, j’ai d’ailleurs regrétté de l’avoir vu en 2D.

En revanche j’ai trouvé le scénario assez faible, avec un méchant très méchant mais en plus très stupide (le mot de passe et la fin) et la romance hétéro obligatoire à tout les films et dont l’absence n’aurait gêné personne.
Aussi j’ai eu du mal à cerner l’univers, que ce soit le monde réel que je pensais dirigé par les GAFAM (les géants du Web) jusqu’à l’intervention inutile de la police à la fin, ou dans le monde virtuel avec des règles de respawn étranges (pourquoi les employés d’IOI changent de place sans arrêt, ils ne peuvent pas juste déco/reco?) ou l’absence de zone de non pvp qui sont pourtant un minimum dans tout les MMO.

La fin m’a également posé beaucoup de problème, et je vais expliquer pourquoi en comparant le début du film et la fin du film :

Situation initiale Situation finale
Personnages principaux pauvres Personnages principaux riches
Multinationale toute puissante Multinationale toujours existante
Chasse à l’oeuf en cours Jeu « terminé »
Des joueurs jouent Des joueurs jouent, sauf 2 jours par semaine
Forte pauvreté Forte pauvreté
Fortes inégalités sociales Fortes inégalités sociales

Vous voyez où je veux en venir ?
En gros tout le film n’a produit qu’un changement pour les protagonistes principaux mais aucun changement de société n’est effectué (fermer des camps de travaux forcés non contrôlé par l’État c’est bien mais y’a encore du boulot). Ce faux happy-end est d’autant plus étonnant quand le 2e personnage principal est une militante politique.
Je m’attendais même à un tout simple « maintenant le jeu appartient à tout les joueurs » mais non même pas, le jeu continue d’appartenir à un faible nombre de gens.
Bref Spielberg je t’aime bien, mais j’ai pas compris le message.

Fin du divulgachage

Bref, en tant que cinéphile et en tant que passionné de jeux vidéos il était normal que ce film me parle. Et je tiens à dire que mes remarques sur le fonctionnement du monde virtuel ne sont là que parce que je connais les codes des mondes vidéo-ludiques mais je ne suis pas sur que ça gène grand monde en réalité (sans jeu de mot).
En dehors de tout ça, ce film est une grande déclaration d’amour à la pop culture, qui est traitée avec un très grande bienveillance. Et rien que pour ça, merci Steven.

Pour terminer j’aimerais citer Summer Wars, un film japonais d’animation abordant également les internets et la réalité virtuelle mais dans un autre style que je vous invite à découvrir pour approfondir le sujet.

– Arthur –