Le Crime de l’Orient Express, enquête portée par un casting 5 étoile

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Loin d’être un chef d’œuvre, encore moins une aberration du 7e art, cette nouvelle adaptation d’Agatha Christie se révèle tout simplement divertissante. Kenneth Branagh livre une enquête habilement menée de bout en bout, porté par un casting cinq étoiles dont Penélope Cruz représente la seule véritable faiblesse, Branagh incarnant par ailleurs à la perfection le rôle du détective. Qui plus est, « Murder on the Orient Express » fait part d’une réalisation de qualité comme d’un esthétisme des plus abouti qui vient confirmer le talent de son metteur en scène, ceci appuyé par une bande sonore ne passant aucunement inaperçu (mention spéciale au sublime titre « Never Forget » signé Michelle Pfeiffer). En d’autres termes, Kenneth Branagh réalise une œuvre captivante à suivre, à la réalisation adroitement menée du début à la fin, comptant sur un casting talentueux et misant sur une intrigue certes simple, mais pas moins efficace.

– Alexis –

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Star Wars – The Last Jedi

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Divertissement de bonne facture, « The Last Jedi » surpasse son prédécesseur en tout point, mais reste malheureusement une œuvre bien trop classique, alternant entre réussites et véritables fautes de goût. Si Rian Johnson livre l’épisode le plus aboutis visuellement, il ne parvient cependant pas à convaincre par son scénario beaucoup trop simpliste et linéaire. Bien qu’ayant l’audace d’emprunter des chemins narratifs osés, un peu trop parfois, la trame se perd quelque peu à créer diverses quêtes pour un nombre certain de personnages sans réelles profondeurs. Qui plus est, le réalisateur prend un certain plaisir à désacraliser nombre d’éléments de la mythologie, au même titre que certaines interrogations engendrées par l’épisode précédent « The Force Awakens ». Le film propose alors un nombre certains de twists véritablement impromptu il faut dire, mais malheureusement inutiles pour la plupart, ne venant alors que rallonger le film d’une durée déjà importante. Toutefois, « The Last Jedi » parvient à livrer un spectacle saisissant lors de ses phases d’actions, livrant d’excellentes scènes à la réalisation adroitement menée de bout en bout, au rythme effréné, comptant sur un esthétisme véritablement singulier, et allant même jusqu’à recouvrir cette aura qui entourée les duels au sabre laser et les combats spatiaux de la trilogie d’origine. La guerre des étoiles prend donc ici pleinement son sens, mais cela à travers un épisode, bien qu’agréable, légèrement trop banal, et plus que décevant pour une œuvre issue de l’univers Star Wars.

– Alexis –

Godless, la série Western de Netflix

N’y a-t-il pas eu une époque ou un coin du monde qui n’ai été odieux envers ses femmes ? Elles ont ici la peau noire, blanche, crasseuse ou fardée, elles aiment Dieu, elles aiment le sexe, elles aiment leurs chevaux, leurs enfants, leur terre aussi, même quand cette dernière se montre impitoyable… Elles aimaient leur mari. Où sommes nous ? Dans l’ouest américain, à la fin du XIXème siècle. Dans une petite ville minière du nom de La Belle (en français dans le texte), un effroyable accident prive la communauté des ses époux, pères et fils. Les veuves et orphelines des mineurs doivent continuer à vivre seules dans ce monde plein de dangers. Si les serpents à sonnette et la variole ne suffisent pas, on peut toujours compter sur une bande de hors la loi sanguinaires et une sale histoire de vengeance pour pourrir la vie de ces héroïnes aux mille visages. Ainsi va la (sur)vie dans Godless, la série western fraîchement démoulée par Netflix.

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Les sept épisodes écrits et réalisés par Scott Frank et produits par Steven Soderbergh nous montrent ou plutôt nous remontrent une facette d’un genre mille fois apprivoisé, un genre plus ancien encore que le cinéma qui l’a dépoussiéré. Le western on en a soupé… et on en redemande ! Surtout quand, loin des Ava Gardner et autres Marilyn, la femme de l’ouest porte le pantalon aussi bien que le corset, la blonde sans filtre aussi bien que le Stetson, tout en tirant à vu à la Winchester sur tous les fils de chiens qui oseront s’en prendre à leur famille.

Bien entendu, il y a du réchauffé, et même du salement décongelé dans Godless. Retenons surtout les hommages visuels aux plus grands, qui ne parviennent pas à entamer la personnalité tout de même présente de cette série. Il fallait bien que Netflix aussi ait son western. Et puis cela vaut sans doute le coup de voir Michelle « Downtown Abbey » Dockery remiser sa selle d’amazone et son accent « posh » pour un ranch isolé et une belle-mère indienne. Je mens. Cela vaut très certainement le coup. Vous l’aurez compris, vous ne risquez rien à vous risquer à Godless, à part profiter d’un excellent divertissement.

– Lucie –

Un peu de fantastique, un plongeon dans les bibliothèques de NY et une rencontre avec un réalisateur – Semaine du 15 au 21 novembre

LE MUSEE DES MERVEILLES

Cette semaine dans les salles obscures, on fait la rencontre de Rose et Ben qui, à deux époques différentes, vont tous les deux se lancer dans des quêtes fascinantes et similaires qui les mèneront à New York. Un plongeon fantastique réalisé par Todd Haynes et tiré du roman Wonderstruck de Brian Selznick.

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EX LIBRIS :  THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY

On reste également à New York pour ce documentaire de Frederick Wiseman sur les bibliothèques de la ville et leur rôle d’échange, de rencontre, de partage de savoir…

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RENCONTRE REALISATEUR – LA MELODIE

Ce vendredi 17 novembre, venait assister à la projection du film de Rachid Hami. Kad Merad y interprète un violoniste désabusé qui atterri dans un collège parisien pour enseigner le violon. Ce sera l’occasion d’une rencontre entre prof et élève où chacun à beaucoup à apprendre de l’autre.

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Alabama Monroe, de Felix Van Groeninger

Dans son film sorti en 2009 La merditude des choses, Felix Van Groeninger laisse entrevoir des personnages face à des situations qu’ils ne semblent pas maîtriser. Ceci laissant ressortir chez eux une animalité que nous n’aurions pas imaginer au premier abord. Cette animalité, elle se retrouve dans l’histoire et les corps de son dernier film : Alabama Monroe. A travers les corps, que se soit dans les mouvements brusques ou la représentation des personnages. Mais surtout à travers la manière dont cette histoire est rapportée : une représentation brut des sentiments, des émotions que traverse ce couple déchiré par la lente disparition de leur fille Maybelle.

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C’est l’histoire d’un couple que tout oppose, à part leur amour pour la musique et l’Amérique, puis pour leur fille Maybelle. Mais la maladie que celle-ci va développer va faire basculer l’histoire de cette famille, et entraîner les spectateurs dans le combat mental qui va se jouer. En opposé avec la pièce de théâtre donc s’inspire ce film, où il sembleraient que ce soit les dialogues qui aient conquit le public, ici c’est un enthousiasme visuel qui prend au cœur les spectateurs.

Un des auteurs de cette pièce, Johan Heldenbergh qui joua aussi dans le film, dit à ce sujet : « Je voulais écrire sur la religion, à propos d’un drame familial. ». Ce défi est en tout cas remporté haut la main dans le film. L’amour et le désespoir qui transcendent ce trio laisse une grande place à la réflexion sur la manière d’aborder le principe de « Créateur », et ce lien pesant entre la mort et les croyances. L’attachement quasi nauséeux de Maybelle à la dépouille d’un pigeon mort sous ses yeux en est particulièrement représentatif. Cette scène fait du silence qui l’entoure un moment perdu entre la beauté artistique et la réalité macabre de ce qui se joue.

La musique aura elle aussi sa place dans cette réalisation. Ce Bluegrass incandescent permet de ponctuer certaines scènes où les mouvements pesant de la caméra, l’éclatement de la structure narrative peuvent devenir un frein à l’appréciation du film. Mais ces quelques maladresses dans le scénario sont rapidement rattrapés par la sincérité que dégage les acteurs ; et l’originalité choisie pour aborder ces thèmes qui ouvre de nouvelles voies de réflexions aux spectateurs.

– Clara – 

 

Ça , une critique à froid

D’abord, il y a les yeux jaunes du monstre. « Que vous avez de grands yeux Pennywise » C’est pour mieux te voir. « Que vous avez de grandes dents Pennywise ». C’EST POUR MIEUX TE MANGER. Nos peurs ont-elles évoluées depuis Perrault ? Les peurs d’enfant, ce sentiment que quelque chose nous observe lorsqu’on éteint la lumière, cette peur de se faire croquer le pied si ce dernier dépasse des draps ? Ça, c’est tout ça. La plume de Stephen King avait réussi à créer ou recréer l’entité ultime, celle qui réunirait nos peurs les plus irrationnelles et les plus enfouies. La caméra de Andy Muschietti a retrouvé une esthétique de la peur.

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L’esthétique parlons en. Je m’assoie sur mon siège en velours rouge dans l’attente des deux heures les plus flippantes de ma vie de cinéphile. Je me retrouve devant un film… et bien oui n’ayons pas peur des mots, ce film est beau ! Les plans sont choisis, les images, les couleurs, même dans l’obscurité du cauchemar. Il y a aussi les références grand-guignolesques avec des flots de sang tels qu’on en avait pas vu depuis Nightmare on Elm Street (cité à l’écran par Muschietti d’ailleurs) ou bien sûr Shinning. L’histoire de Ça, c’est celle du combat d’un groupe de jeunes enfants contre une entité démoniaque, Pennywise le clown dansant. Il habite leurs pires cauchemars
et est bien décidé à faire le plus de mal possible à nos héros et à leur entourage. Mon éducation au film d’horreur doit être lacunaire car jusqu’à Ça, je ne pensais pas avoir vu eu à faire à un tel traitement des personnages principaux : Pour une fois que nous ne sommes pas face à une bande d’ados « fou du cul ». Merci Stephen King.

Bien évidement, pour un film de cet envergure, il y avait des attentes, et surtout des premières impressions qui ont fuité autour de moi avant mon visionnage : « c’est bien mais je n’ai pas eu peur » est une critique qui revenait souvent. OK, partons donc de cela. Quand je suis sortie de la salle, ma première pensée fut : « ces gens sont des menteurs, il y a tout à fait matière à faire pipi dans sa culotte avec Ça ». Mais à la réflexion, peut-être ont-ils tout simplement retenu la leçon du film : combattre ses peurs frontalement, ou en niant leur caractère réel (ce n’est qu’un film).

Maintenant, quand je me rappelle ce film, je vois un bleu profond, magnifique, des personnages forts, face à leurs peurs pas si irrationnelles que ça : l’hypocondriaque étouffé par sa mère obèse, le fils d’un rabbin sévère, sa peur de décevoir concentrée dans un portrait de Modigliani, la perversion du père de Beverly dont le corps commence à changer. Il y a une désacralisation des bons parents. Mais je pars dans des digressions psychologiques. Peut-être les gens qui n’ont pas eu peur on perçu autre chose dans le film. Peut-être étaient-ils tout simplement surpris de voir un bon film ?

– Lucie – 

The Square, le malaise dans la culture ou la culture du malaise

Le Lauréat de la Palme d’or 2017 nous offre 2h25 de conflit interne. Doit-on détester ou pire, mépriser le personnage principal, doit on rire de lui, doit-on pleurer notre propre indifférence face à l’injustice qui nous entoure ? J’arrête cette énumération sans intérêt pour ce qui n’ont pas encore vu The Square, de Ruben Östlund. Une comédie m’a-t-on dit. Une comédie grinçante pour nous autres latins, un tantinet hermétiques à l’humour scandinaves. Question de culture me direz-vous. Le propos, par contre, s’il est sujet à débats, est universel. Il est même multiple. En effet, plusieurs problématiques sont soulevées. Comment réagir face à une agression sur autrui, comment vivre ensemble, comment partager, ou encore « QU’EST-CE QUE L’ART ? ».

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Tout commence par un conservateur de musée à Stockholm. Mais attention, pas n’importe quel musée : un musée d’art contemporain ! Cet homme, fêtard, célibataire professionnel, cultivé, privilégié, mais bon patron et bon collègue, se fait voler son portefeuille et son téléphone un beau matin par un groupe de pickpockets. Les moyens que notre anti-héros emploiera pour récupérer ses biens auront des conséquences qu’il n’avait pas anticipé.
On assiste tout au long du film au choc de deux univers : la bourgeoisie dîtes intellectuelle de Stockholm, toute en superficialité mal odorante, sourire faux et poignée de mains molles, et la pauvreté (parfois extrême) de cette autre partie de la population suédoise que la précédente souaiterait oublier. Chaque séquence est une claque pour nous, petits cinéphiles, ambassadeurs nous aussi d’une certaine forme d’art à nos heures. Certaines de ces séquences sont parfois tellement poussées (on pense au gorille humain dans la salle de réception, qui sera l’affiche du film) qu’on en
vient à se demander si ce ne sont pas là des métaphores terribles et grotesques faites pour créer le malaise, le malaise qui fait si bien réfléchir le spectateur. TREMBLEZ BOURGEOIS !

– Lucie –